Immission par Laurent Jarrige
De ne plus recevoir trouve ses raisons dans différentes formes d’espoir, de révélations, d’état des lieux. Un endroit peu propice, qui ne met pas en valeur systématiquement les films qu’on a pu présenter.
Trop de monde, du bruit – on sait bien que les français ne supportent pas les voisins qui s’expriment au spectacle -, une équipe qui donne l’impres- sion de ne faire la part belle qu’à ses propres productions, en poussant le public à applaudir plus fort à l’endroit de ses films qu’il a sélectionné aveuglément; qui refuse de diffuser les documentaires et leur préfère le cinéma expérimental que l’association a toujours défendu en se passant de l’aide que les lightconnes scratch ou autres agences des courts lui ont toujours refusé – merci au passage à la maison du film court d’Anthony Cajan -.
Ne recevant presque plus aucun film nous cessons la diffusion mensuelle au Vieux Léon les premiers lundi du mois, et vous laissons vaquer à autre chose, en attendant de présenter nos prochaines productions qui restent, dans le champs de celles auxquelles nous avons accès, ce que nous préfé- rons. Non polluées par les exigences pécuniaires des ambitions corrom- pues des réalisateurs et acteurs prédateurs. Nous ne nous consacrons plus qu’à elles, avec rage contre ces, rage contre ces cendres naissantes de feu inoffensif du bien être, des équilibres confortables dans lesquels se sont installés les cinééliques sans jamais se demander pourquoi un tel divertissement pouvait exister. Car ce n’est pas parce que la fume est pro- hibée, et l’alcool réprimé, que se développent des projections dans ces lieux publics si impropres à l’appréciation d’un son travaillé à un défilé d’images.
À moins que la qualité des films concerne autre chose que ces éléments essentiels, autre chose qui aurait à voir avec le type de lieu qui les accueille, les réunit, les associe au centre d’un public, d’autre chose, et pourtant cinéphile et désireuse de s’engager. Dans quoi ?…Mais dans ce cas et cette autre, nous pourrions aussi bien animer les soi- rées avec de la musique, des quizz, de quoi s’éclater plus fort. Mais nous ne sommes pas des animateurs. Pour nous amuser, nous pré- férons faire des films et nous engager. Dans quoi ? Je vais vous le dire ici: dans la visite des bars pour boire, faire la révolution et baiser. Et ce ne sont pas propos de provocation, mais de violence certaine qui guette.
Si la télévision n’a jamais été la niche d’un quelconque autre art que celui dont la publicité se prévaut, le cinéma l’a été en son sein, et les politiques de grandes villes au moins, dont Paris en lieu d’exemple, se devraient de livrer un tel espace esthétique à la hauteur, pour que les réalisateurs, premiers responsables de ces enterrements sans funérailles, retrouvent le désir de faire un film à oser montrer là, à la Scala de Paris !
Laissée exclusivement à la sphère privée, regrettons que le forum des images ne missionne pas cette fonction, ainsi que celle dont je vous par- lerai la prochaine fois.


