Ce qui nous lie par Natacha Bitton
En 2006, Laurent a proposé un projet collectif, au sein duquel chacun réaliserait un court-métrage sur son angoisse.
Et chacun participerait aux films des autres, à différents postes.
Ce projet a donné naissance à sept courts-métrages auxquels ont participé plus de trente personnes.
Avant, nous n’avions rien fait ou pas grand chose.
Ce projet a donné naissance à un collectif.
L’action devenait possible. Seule, faire un film me semblait insurmontable. Avec qui ? Où ? Comment ? Il y avait une inhibition de l’action à la source, une inhibition du désir par l’impossibilité d’envisager sa réalisation.
La mise en commun des ressources et surtout de l’énergie est, ce qui m’a permis, ce qui nous a permis, de faire.
Nous ne sommes pas un collectif de création cinématographique parce que nous avons les mêmes goûts, une vision commune du cinéma ou une envie de renouveler le genre.
Nous sommes un collectif parce que nous avons une vision commune de la société, de la vie en société. Parce que nous voulons faire sans attendre l’approbation des institutions ou leur argent. Parce que cet échange nous permet à tous de nous exprimer.
Peut-être que cette aventure est possible, parce qu’elle se base sur des valeurs communes qui transcendent les goûts individuels.
Parce que la coopération est sans doute la meilleure façon de survivre.
La création de cette revue est relative à l’expression de ce qu’est, pour nous, le cinéma.
C’est l’expression de nos différences, de nos divergences, de nos désaccords et de nos contradictions.


